La découverte du corps d’un homme à Fadakolon, dans la commune urbaine de Siguiri, continue de susciter une forte émotion au sein de la population. Face aux rumeurs et aux tensions, le substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Siguiri, Simon Pierre Millimono, a livré la version officielle des faits afin d’éclairer l’opinion.
Selon le magistrat, un citoyen du nom de Aly Thiam a déposé, aux environs d’une heure du matin, un corps sans identité connue à l’hôpital préfectoral de Siguiri. À la demande du parquet, la police et la gendarmerie ont été immédiatement saisies pour identifier le défunt. Le transport et le placement du corps à la morgue ont été effectués aux frais personnels du citoyen ayant fait la découverte.
Le jeudi 8 janvier 2025, la brigade de recherches a confirmé l’identité du défunt : Kabinet Chérif, 44 ans, résident du quartier Limania, conducteur de machines de profession. Des proches du défunt se sont ensuite présentés à l’hôpital pour confirmer cette identité.
Afin de déterminer les causes exactes du décès, le parquet a instruit qu’un médecin légiste procède aux examens nécessaires. Dans le même temps, la brigade de recherches a été chargée d’interpeller Aly Thiam pour audition, celui-ci étant considéré comme un témoin clé sur les circonstances de la découverte du corps. Lors de son audition, il a cité d’autres personnes présentes avec lui au moment des faits, lesquelles ont également été interpellées. Les auditions se poursuivent à ce stade de l’enquête.
Cependant, l’absence d’informations claires pour une partie de la population a entraîné des rassemblements massifs dans la cour du tribunal. De nombreux jeunes ont accusé Aly Thiam d’être l’auteur du meurtre, estimant que le fait d’avoir transporté le corps à l’hôpital faisait de lui le principal suspect. Le parquet a alors reçu les manifestants, les a invités à désigner des représentants et les a accompagnés dans le dépôt d’une plainte pour meurtre et complicité de meurtre contre Aly Thiam, d’autres personnes citées et même des éléments de la gendarmerie, sur la base d’informations non encore vérifiées.
Les personnes mises en cause ont été entendues et la procédure suit son cours normal. Le substitut du procureur a tenu à rassurer la population, rappelant que seule l’enquête permettra d’établir les responsabilités. Il a également exhorté les jeunes à éviter tout attroupement et à faire confiance à la justice, un appel qui a été favorablement accueilli.
Ce vendredi 9 janvier 2025, les proches du défunt ont sollicité la remise du corps pour son inhumation à Kérouané. Le parquet a demandé un délai, le temps de finaliser les auditions, de consulter la hiérarchie judiciaire et d’examiner le rapport médical transmis par l’hôpital à la brigade de recherches.
Dans un climat marqué par l’émotion et la suspicion, la justice de Siguiri se veut ferme et transparente : toute la vérité sera établie par la voie judiciaire, loin des rumeurs et de la vindicte populaire.
Siguiri : Mohamed lamine Cissé pour Landaya Medias.com

