Siguiri, 19 juin 2026 – Le ton se durcit dans la préfecture de Siguiri. En mission dans la principale zone aurifère de la Guinée depuis le jeudi 18 juin 2026, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a lancé une vaste offensive contre l’exploitation minière illégale, considérée comme l’une des principales causes de la dégradation environnementale dans la région.
Accompagné du procureur général près la Cour d’appel de Kankan, Marwane Baldé, ainsi que d’importants dispositifs des forces de défense et de sécurité, le magistrat a effectué une série de visites sur plusieurs sites d’exploitation, notamment à Soubrakoba, Bokoko et Diatela.
L’objectif de cette mission était de constater l’ampleur des dégâts causés à l’environnement et de veiller au respect des dispositions légales encadrant les activités minières.
S’adressant aux autorités administratives, aux services de sécurité et aux populations locales, Alphonse Charles Wright a rappelé que l’exploitation de l’or n’est pas interdite en Guinée, mais qu’elle doit se faire dans le strict respect des lois et des normes environnementales en vigueur.
Selon lui, la menace qui pèse sur Siguiri ne réside pas dans l’existence des ressources minières, mais dans leur exploitation anarchique et les conséquences néfastes qu’elle engendre sur l’environnement et les communautés.
Le procureur spécial s’est également interrogé sur le devenir des engins précédemment saisis lors d’opérations similaires. Il a exigé que toute la lumière soit faite sur leur localisation, évoquant de possibles complicités ayant permis la poursuite des activités illégales malgré les mesures prises par les autorités.
Par ailleurs, il a réaffirmé que les anciens responsables administratifs suspendus, y compris l’ex-préfet de Siguiri, devront répondre devant la justice si leur implication dans ces pratiques est établie au terme des enquêtes.
À l’issue de cette opération, quatre personnes ont été interpellées alors qu’elles exerçaient leurs activités sur différents sites visités par la mission. Plusieurs machines ont également été saisies et placées sous la surveillance des services de sécurité dans le cadre des procédures judiciaires en cours.
Pour l’heure, les identités des personnes arrêtées n’ont pas été rendues publiques.
Cette descente de terrain met en lumière l’ampleur des atteintes portées à l’environnement dans la région de Siguiri. Les autorités judiciaires affichent désormais leur ferme détermination à mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources minières et annoncent que cette campagne pourrait être étendue à d’autres zones aurifères du pays.
La visite d’Alphonse Charles Wright marque ainsi une nouvelle étape dans la lutte contre l’exploitation sauvage de l’or en Guinée. Reste à savoir si cette offensive se traduira par des poursuites judiciaires exemplaires et un changement durable des pratiques sur le terrain.




