La passation de service entre le président de la délégation spéciale sortante et le nouveau maire de la commune rurale de Sinko, dans la préfecture de Beyla, s’est tenue vendredi en présence du préfet, des autorités administratives, des leaders religieux ainsi que des forces de défense et de sécurité.
Si la cérémonie officielle s’est déroulée dans un climat apaisé, des tensions sont apparues au moment de la signature des documents administratifs. Le nouveau maire et son équipe ont refusé de signer deux procès-verbaux relatifs aux comptes bancaires de la commune, estimant que les pièces justificatives présentées étaient insuffisantes.
Selon le maire entrant, les fonds issus des recettes locales sont déposés au Crédit Rural, tandis que les subventions de l’État et des partenaires techniques, notamment celles de l’ANAFIC, transitent par la BAC Centrale.
Il explique qu’un montant de 333 millions de francs guinéens figurait sur un document non officiel, sans qu’aucun relevé bancaire ne permette d’en confirmer l’existence.
« Le montant de 333 millions de francs guinéens était mentionné sur un simple papier volant. Aucun relevé bancaire n’était disponible. Le compte a été gelé depuis l’annonce de la destitution des délégations spéciales », a-t-il déclaré.
Concernant le compte du Crédit Rural, le nouveau maire affirme qu’il ne restait que 50 000 francs guinéens.
« C’est surtout cette situation qui nous a poussés à ne pas signer les procès-verbaux. Comment une délégation spéciale dirigée par Fassou Hawa Camara peut-elle laisser seulement 50 000 francs guinéens sur le compte d’une commune aussi importante que Sinko après deux années de gestion ? », s’est-il interrogé.
Le maire a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une accusation, mais d’une demande de clarification avant toute validation officielle.
« Si des relevés bancaires authentiques avaient été présentés, nous aurions signé les procès-verbaux. Mais en l’absence de ces justificatifs, nous avons préféré nous abstenir. La situation est désormais entre les mains de la préfecture. Nous ne sommes pas habilités à engager des poursuites judiciaires. Lorsque l’État sera saisi, les inspections compétentes établiront les responsabilités. »
Le dossier est désormais entre les mains des autorités préfectorales et des services de contrôle de l’État, qui devront vérifier la situation financière de la commune afin de permettre à la nouvelle équipe municipale d’entamer son mandat dans un climat de transparence et de confiance.



