Lancé dans le cadre des préparatifs de la fête tournante de l’indépendance, sous le régime du président Alpha Condé, le chantier de construction du logement destiné au président du Tribunal de première instance de Siguiri ainsi qu’à plusieurs magistrats est aujourd’hui à l’abandon. Plus de cinq ans après le lancement des travaux, l’ouvrage demeure inachevé et se dégrade progressivement.
Selon plusieurs sources concordantes, ce projet figurait parmi les infrastructures prioritaires prévues pour accueillir cet événement national. Malgré les financements mobilisés à l’époque, les travaux n’ont jamais été achevés.
Depuis le changement de régime intervenu le 5 septembre 2021, l’entreprise en charge du chantier aurait quitté les lieux, laissant derrière elle un bâtiment inachevé, exposé aux intempéries et à une dégradation continue.
Cette situation a des répercussions directes sur les conditions de travail et de séjour des responsables judiciaires affectés à Siguiri. Faute de logement de fonction, plusieurs présidents du Tribunal de première instance ont été contraints de louer des habitations dans différents quartiers de la ville. Selon des témoignages recueillis sur place, certains auraient même dû quitter leur logement à la demande de leurs propriétaires.
Situé à proximité du Tribunal de première instance de Siguiri, le bâtiment présente aujourd’hui un état préoccupant : murs fissurés, éléments de toiture détériorés, végétation envahissante et nombreux signes d’abandon. Cet investissement public risque de se transformer en perte importante si aucune mesure n’est prise rapidement.
Toutefois, selon certaines sources, l’entrepreneur chargé de l’exécution des travaux soutient ne pas avoir reçu l’intégralité des fonds nécessaires à l’achèvement du projet. Une version qui mérite d’être clarifiée par les autorités compétentes afin d’établir les responsabilités.
Face à cette situation, plusieurs observateurs invitent les autorités de la transition, le ministère de la Justice, les partenaires au développement ainsi que les sociétés minières opérant dans la préfecture de Siguiri à se mobiliser pour relancer les travaux et préserver cette infrastructure.
L’achèvement de ce logement permettrait d’offrir un cadre de vie décent aux magistrats en poste à Siguiri, tout en contribuant à améliorer les conditions d’exercice de la justice dans cette préfecture stratégique de la Haute-Guinée.
Par Mohamed Lamine CISSÉ et Ousmane Kouyaté www.landayamedias.com




