Une crise ouverte secoue désormais l’Association des bouchers de la commune urbaine de Kissidougou. Ce conflit, longtemps latent, a pris une tournure décisive ce mardi 25 novembre, après l’envoi d’une correspondance officielle à la direction préfectorale de l’Agriculture et de l’Élevage. Les bouchers, regroupés au sein d’un collectif, y annoncent leur intention de cesser toute activité d’abattage et de vente de viande si aucune solution n’est trouvée au différend qui les oppose à leur président, Aboubacar Sidy Diallo. Aux commandes de l’association depuis cinq ans, ce dernier est accusé par plusieurs de ses membres de gestion opaque et de refus de transparence sur les cotisations financières. « Cela fait cinq ans qu’il dirige notre association sans présenter le moindre compte-rendu, alors que nous cotisons quotidiennement », déplore Alimou Barry, porte-parole du collectif.
Selon les estimations internes effectuées par les bouchers, plus de 40 millions de francs guinéens issus des cotisations restent à justifier. Malgré plusieurs tentatives de médiation menées par les autorités préfectorales et communales ces dernières semaines, aucune avancée significative n’a été enregistrée. Face à cette impasse, le collectif fixe désormais un ultimatum : quatre jours pour obtenir satisfaction, faute de quoi une grève générale sera déclenchée. « Nous ne pouvons plus continuer dans cette opacité. Nous demandons le départ du président. Si rien n’est fait, nous allons arrêter nos activités », prévient Alimou Barry. Les bouchers affirment également que certaines autorités locales soutiendraient discrètement l’actuel président, allant jusqu’à accuser les membres contestataires de vouloir augmenter le prix du kilo de viande.
Une accusation que le collectif rejette fermement. « Nous avons toujours œuvré pour maintenir le prix de la viande accessible à Kissidougou. Grâce à notre bonne volonté, le prix est plus bas ici que dans les villes environnantes », souligne leur porte-parole. Malgré la tension croissante, les bouchers assurent vouloir préserver la quiétude sociale. « Notre démarche est pacifique, mais cela ne signifie pas que nous avons peur. Nous voulons seulement agir dans l’intérêt de la population et de notre corporation », insiste Alimou Barry. La situation reste donc tendue à Kissidougou, où une éventuelle suspension des activités des bouchers pourrait entraîner d’importantes perturbations dans l’approvisionnement en viande dans les jours à venir.
Rédaction de landayamedias.com



