À Diguiling, un district relevant de la sous-préfecture de Siguirini, dans la préfecture de Siguiri, la réalité du système éducatif en milieu rural suscite une vive inquiétude. Située à environ 45 kilomètres de Siguirini et à près de 179 kilomètres du centre urbain de Siguiri, l’école primaire locale évolue dans des conditions particulièrement préoccupantes.
Dans cet établissement censé assurer la formation des enfants de la localité, les conditions d’apprentissage sont loin de répondre aux normes minimales requises. Le manque criant d’infrastructures se traduit par une insuffisance de salles de classe, un déficit important en tables-bancs et un sureffectif dans les rares espaces disponibles.
Sur le terrain, le constat est sans appel : plusieurs élèves suivent les cours assis à même le sol, faute de places assises. Dans des salles surchargées, les enfants s’entassent dans des conditions difficiles, certains utilisant des bancs inadaptés, tandis que d’autres s’installent directement par terre, adossés aux murs ou regroupés dans des coins. Malgré cet environnement peu propice, ils s’efforcent de rester attentifs aux explications de leurs enseignants.
Selon les témoignages recueillis, les quelques tables-bancs disponibles sont souvent vétustes et instables, exposant les élèves à des risques d’accidents en pleine séance de cours. Ces conditions précaires affectent non seulement la sécurité des enfants, mais également leur capacité de concentration et, par conséquent, leur rendement scolaire.
Avec un effectif dépassant les 150 élèves, cette école primaire fonctionne dans un cadre qui ne garantit ni un apprentissage de qualité, ni le respect du droit fondamental de chaque enfant à étudier dans des conditions dignes.
La situation de Diguiling illustre, de manière frappante, les difficultés persistantes du système éducatif dans certaines zones rurales de la Guinée. L’école, censée être un lieu d’épanouissement et de transmission du savoir, se transforme ici en un espace de résilience où la volonté d’apprendre se heurte quotidiennement au manque d’infrastructures et à l’insuffisance de moyens.
Face à cette réalité, plusieurs interrogations s’imposent : comment promouvoir l’égalité des chances dans un tel contexte ? Comment espérer de bons résultats scolaires lorsque les conditions d’accueil et d’apprentissage sont aussi précaires ?
Les populations de Diguiling lancent ainsi un appel pressant à l’endroit des autorités éducatives, des responsables locaux, des ressortissants de la localité, ainsi que des organisations non gouvernementales et partenaires au développement. Les besoins identifiés sont urgents : construction de nouvelles salles de classe, dotation en tables-bancs adéquats et amélioration globale du cadre d’apprentissage.
Au-delà d’un simple déficit d’équipements, la situation interpelle sur l’avenir d’une génération entière. À Diguiling, l’urgence n’est plus seulement de constater les insuffisances, mais d’agir rapidement pour garantir aux enfants un accès équitable à une éducation de qualité.
Mohamed Lamine Cissé pour LANDAYA médias


