Le Tribunal de première instance de Siguiri a relancé, ce mardi 7 avril 2026, ses audiences criminelles dans le cadre d’une affaire de grand banditisme impliquant plusieurs prévenus. Ces derniers sont poursuivis pour des faits présumés de vol à main armée et d’association de malfaiteurs, commis entre Kankan et Siguiri.
Parmi les accusés figure Laye Moriba Condé, connu sous le sobriquet « Boutiquier ». Il est soupçonné, selon l’accusation, d’avoir participé à des opérations de vols à main armée aux côtés de Mohamed Cissé alias « Gaspi », notamment dans la zone de Kèfina, avec usage d’arme à feu.
À la barre, l’intéressé a catégoriquement rejeté l’ensemble des charges retenues contre lui. Dans une déclaration détaillée, il a expliqué les circonstances de son interpellation, qu’il juge troubles.
« J’étais à mon domicile lorsque mon frère m’a demandé de le suivre, sans m’expliquer la raison. Il m’a simplement dit qu’il devait en référer à son supérieur, au risque de perdre son emploi. Nous nous sommes rendus ensemble au camp militaire de Kankan, où j’ai été remis aux agents de la DPJ. C’est ainsi que j’ai été arrêté », a-t-il relaté devant la juridiction.
Le prévenu affirme n’avoir aucun lien avec les faits évoqués, ni avec les lieux mentionnés dans le dossier. Il assure notamment n’avoir jamais séjourné à Bouré et nie toute implication dans des activités criminelles.
« Je ne suis jamais allé à Bouré. Je ne reconnais pas ces accusations. Depuis ma naissance, je n’ai jamais manipulé une arme à feu, ni même été en contact avec ce genre d’objet. Je ne connais ni les personnes citées, ni les faits évoqués », a-t-il déclaré avec insistance.
Selon lui, son interpellation serait liée à des échanges téléphoniques fréquents avec son frère, ce qui aurait permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à lui.
Au-delà de sa défense sur le fond, Laye Moriba Condé a également dénoncé ses conditions de détention, qu’il qualifie de particulièrement éprouvantes. Il évoque des actes de torture, des transferts répétés entre plusieurs unités de sécurité et l’absence d’assistance juridique durant l’enquête.
D’après son témoignage, il aurait été transféré de la DPJ de Kankan vers différentes unités de la BAC, notamment à Kindia, Mamou et Labé, avant d’être reconduit à Kankan, tout en subissant des violences physiques.
« Nous avons été torturés. Les menottes étaient serrées à l’extrême. Mon frère n’a pas été autorisé à me rendre visite. J’ai passé deux jours dans une cellule obscure à la DPJ, sans lumière, avec un seul repas par jour », a-t-il affirmé.
À l’issue de cette audience, le tribunal, présidé par le juge Mohamed Lamine Touré, a décidé de renvoyer l’examen du dossier au mercredi 8 avril 2026, afin de poursuivre les débats.
Cette reprise des audiences criminelles à Siguiri met en évidence un dossier sensible, marqué par des accusations graves, des dénégations formelles et des allégations de mauvais traitements en détention. La suite des audiences est attendue avec attention, alors que l’opinion publique reste suspendue à l’évolution de cette affaire.
Siguiri Mohamed Lamine Cissé pour LANDAYA médias.


