La polémique autour du décès de plusieurs détenus transférés de Conakry à la maison d’arrêt de Siguiri connaît un nouveau rebondissement.

Après la publication d’un article du journaliste d’investigation Abdoul Latif Diallo, faisant état de violences physiques qui auraient été infligées à certains détenus par des gardes pénitentiaires, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, est sorti de son silence pour apporter un démenti catégorique.
S’exprimant dans la matinée de ce lundi 31 août 2026, le procureur a rejeté les accusations de torture et de violences présumées au sein de la maison d’arrêt de Siguiri.
« Par rapport aux déclarations d’un journaliste, je voudrais apporter quelques précisions, parce que dans son article, il fait savoir que ces gens qui sont décédés, c’est par suite de tortures et de violences. C’est très regrettable qu’un journaliste de sa taille puisse publier des informations sans aller vérifier », a déclaré Dominique Loua.
Selon le magistrat, les détenus concernés, transférés depuis Conakry, auraient bénéficié d’une prise en charge à leur arrivée à Siguiri. Il reconnaît toutefois que des décès peuvent survenir dans les établissements pénitentiaires sans être nécessairement liés à des actes de violence.
Le procureur réfute ainsi toute accusation de torture commise par des agents pénitentiaires.
« À la maison d’arrêt de Siguiri, il n’y a jamais eu de torture », a-t-il affirmé, invitant le journaliste à procéder à des vérifications, notamment auprès des familles des détenus décédés.
Dominique Loua précise également que les corps des personnes décédées ont été remis à leurs familles respectives. Selon lui, cette situation permettrait aux proches de disposer d’éléments susceptibles d’éclairer les circonstances des décès et l’état des dépouilles au moment de leur remise.
Cette sortie du procureur intervient alors que les informations publiées et relayées sur les réseaux sociaux continuent de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique dans la région administrative de Siguiri.
À ce stade, deux versions s’opposent. D’un côté, celle rapportée par le journaliste Abdoul Latif Diallo, qui évoque des violences présumées contre certains détenus. De l’autre, celle du procureur de la République de Siguiri, Dominique Loua, qui dément formellement toute torture au sein de la maison d’arrêt.
Les circonstances exactes de ces décès restent donc au centre des interrogations. D’éventuels éléments médicaux, des témoignages des familles ou toute enquête menée par les autorités compétentes pourraient permettre d’établir les faits avec davantage de précision.
Affaire à suivre.

