Le marché de Kouremalé fait face à une situation inédite. Les condiments, habituellement disponibles en abondance, se font désormais rares. À l’origine de cette pénurie : une reconversion massive des vendeuses, qui désertent leurs étals pour s’adonner à la vente clandestine de carburant, devenue ces dernières semaines bien plus rentable que le commerce alimentaire traditionnel.
Cette mutation brutale du paysage commercial bouleverse profondément le quotidien des habitants. Les ménages éprouvent de grandes difficultés à s’approvisionner en produits de base, tandis que les prix prennent l’ascenseur. Le piment, le poisson et d’autres condiments essentiels enregistrent une flambée notable, due directement à la diminution du nombre de commerçantes spécialisées.
Dans toute la zone, la crise de carburant persiste et accentue la paralysie économique locale. Aujourd’hui, le litre d’essence se négocie entre 35 000 et 45 000 francs guinéens, un tarif exorbitant qui attire de plus en plus de femmes vers ce commerce parallèle, au détriment de leurs activités traditionnelles.
Face à cette dérive, les acteurs locaux craignent un effondrement progressif du commerce alimentaire si aucune mesure urgente n’est prise. Restaurer l’ordre, réguler la vente de carburant et ramener les vendeuses à leurs étals apparaissent désormais comme des priorités pour éviter que le marché de Kouremalé ne plonge davantage dans la crise.
Rédaction

