À Faraba, un district relevant de la commune rurale de Didi, dans la préfecture de Siguiri, la situation sanitaire atteint un niveau critique. Le seul centre de santé censé desservir des milliers d’habitants tombe littéralement en ruine, comme a pu le constater notre rédaction lors d’un déplacement sur place.
- Un centre abandonné, un personnel désemparé
Sur place, le malaise est palpable. Le chef du poste de santé, visiblement surpris par la présence de notre équipe, s’est empressé de contacter le responsable du centre de Didi. Selon nos informations, ce dernier lui aurait ordonné de ne pas répondre à nos questions. Une attitude qui accentue les interrogations autour des raisons de l’abandon prolongé de l’établissement.
Les quelques agents présents décrivent des conditions de travail indignes. Les salles de consultation, sombres et quasi vides, manquent du matériel le plus basique. Les murs sont fissurés, les toitures dégradées, l’eau s’infiltre par endroits. « Nous avons la volonté, mais sans outils et sans conditions minimales, comment assurer des soins dignes ? », confie un agent de santé sous couvert d’anonymat.
Une population isolée et sans alternatives
Au-delà de la dégradation du centre lui-même, Faraba souffre d’un isolement profond. Le district ne dispose pas d’eau potable, et ses routes, impraticables pendant la saison des pluies, coupent plusieurs villages du centre médical. Dans ces conditions, les évacuations sanitaires, l’acheminement des médicaments et les consultations d’urgence relèvent trop souvent de l’impossible.
Les conséquences sont dramatiques : femmes enceintes, enfants et personnes âgées paient le plus lourd tribut. Les cas de complications obstétricales, de paludisme grave ou d’infections non traitées à temps se multiplient. Certains habitants évoquent des pertes de vies humaines faute de prise en charge rapide.
Appel pressant aux autorités
Fatiguée par des années d’inaction, la population de Faraba hausse le ton. Elle demande instamment aux autorités locales, préfectorales et nationales de prendre leurs responsabilités. Les habitants réclament la reconstruction complète du centre de santé, l’équipement adéquat, du personnel qualifié, mais aussi l’accès à l’eau potable et la réhabilitation des routes.
« Nous ne demandons pas le luxe, seulement ce qu’il faut pour sauver des vies », insiste un notable de la localité.
Un cas emblématique d’une crise plus large
La réalité de Faraba n’est malheureusement pas isolée. Dans de nombreuses zones rurales de Guinée, l’accès aux soins de base demeure un défi quotidien. Tant que ces structures vitales resteront laissées à l’abandon, des milliers de Guinéens continueront de souffrir, loin des projecteurs et de l’attention des décideurs.
Rédaction

